Discours Gérard Renouard, Président d’AFDI – Sommet international des jeunes agriculteurs

Sommet international des jeunes agriculteurs
Bordeaux – 4 septembre 2014

Discours – Gérard Renouard, Président d’AFDI

J’ai l’honneur d’ouvrir au côté d’Alain Juppé, maire de Bordeaux, ce sommet international des jeunes agriculteurs.

Je suis très heureux de partager cet honneur avec vous, jeunes agriculteurs venus des 5 continents,  porté par la conviction que la défense des agricultures familiales va vous mobiliser bien au-delà de 2014 et de l’AIAF. Cet évènement est une magnifique occasion d’affirmer la pertinence de ces agricultures d’avenir.

Afdi et JA sont engagés à porter l’Année internationale de l’agriculture familiale depuis 2009. Dès lors, nos 2 réseaux se sont mobilisés pour organiser différents évènements en région et ce sommet international en est le point d’orgue.

Nos sociétés modernes sont face à de nombreux enjeux qui sont autant de défis à relever : sécurité alimentaire, sécurité énergétique, emploi, gestion des ressources naturelles (eau, sol, biodiversité…), transmission des cultures et des savoirs, équilibre des territoires, et un enjeu qui me tient particulièrement à cœur, le maintien de la paix.

L’agriculture apporte tout ou une partie de réponse à l’ensemble de ces défis. En effet, elle permet de produire l’alimentation d’une population mondiale en hausse. L’agriculture contribue au bouquet énergétique, notamment via la production de biomasse renouvelable.

L’agriculture répond en partie aux enjeux d’emploi. Elle représente actuellement 45% de la population active, et ce, même si la reconnaissance du métier n’est pas toujours assurée. Cela étant, malgré la part importante de la population employée dans l’agriculture, tous n’ont pas un revenu suffisant au regard du travail fourni et des difficultés rencontrées, liées au travail de la terre et du vivant.

L’agriculture est aussi un important vecteur de nos cultures, alimentaires et gastronomiques, bien sûr, mais aussi vestimentaires, paysagères.

L’agriculture contribue aussi aux équilibres des territoires et à la régulation des tensions qui peuvent naître suite à une urbanisation excessive. A propos de la contribution de l’agriculture au maintien de la paix une phrase suffit : «Quand le ventre crie, il n’y a pas que l’estomac qui se révolte ».

Toutes ces réponses sont le fruit de l’agriculture mais pas n’importe quelle agriculture. Les agricultures familiales sont les plus à même de répondre à l’ensemble de ces défis.

Notamment, lorsque l’on poursuit l’ensemble des objectifs simultanément ce qui est le vrai défi du développement.

Je tiens à saluer particulièrement l’engagement de François Thabuis alors président JA, et de Thomas Diemer, vice-président Afdi, puis de Thomas Diemer, président JA, qui ont porté au sein de leur réseau l’AIAF et le partenariat avec Afdi et mobilisés l’ensemble de nos régions pour l’accueil de jeunes agriculteurs en région.

Merci pour l’engagement de tous ceux qui ont travaillé à la réussite de cet évènement en France et  dans les pays présents, OP et OPA partenaires qui ont su démultiplier ces actions grâce à leur dimension collective.

Agriculture familiale, agriculture d’avenir, donc qui concerne les JA.

Néanmoins, partout se pose le problème du renouvellement des hommes et des femmes qui quittent le métier. Partout se pose le problème des responsables, une partie de la solution se tient dans la reconnaissance du métier au plan local, national, et au-delà. Une réflexion s’impose aussi sur la place à donner aux paysans dans les instances de dialogue et de gouvernance à tous les niveaux.

Bons travaux, belle journée, je souhaite que cet événement ne soit pas une consécration finale mais le lancement d’une belle aventure professionnelle, d’une belle aventure humaine

Discours Thomas DIEMER – Sommet international des jeunes agriculteurs

Monsieur le ministre,

mesdames, messieurs les élus

mesdames, messieurs les responsables d’organisations professionnelles de France et du monde.

Permettez-moi d’abord de vous dire la fierté que nous avons avec Afdi d’avoir pu organiser un tel événement, dans le cadre de l’année internationale de l’agriculture familiale.

Évènement qui a été permis aussi par le soutien de nos partenaires : la ville de Bordeaux, la FNSAFER, la Fondation de France, le ministère de l’agriculture, le ministère des affaires étrangères, le Forum Rural Mondial, Agricord, merci à vous

Permettez-moi ensuite de vous féliciter pour la richesse des débats, la richesse des échanges que nous avons pu avoir tout au long de la journée. Grâce à vous, participants aux différentes tables rondes, et délégations dans la salle, nous allons tous ce soir repartir plus riche de votre vision, de votre expérience. Vous nous avez confortés dans l’idée que les agricultures familiales sont une solution pour la dynamique de nos territoires, pour tous les enjeux de notre société. Et aussi dans l’idée que pour pérenniser ce modèle il y a des conditions :

-Première condition : une réelle reconnaissance économique, sociale et juridique du métier d’agriculteur à tous les échelons. Les agriculteurs sont des professionnels, l’agriculture c’est un métier. Comment peut-on concevoir qu’un agriculteur puisse être considéré comme sans emploi ? Partout nous méritons un statut. Et au-delà, nous devons bénéficier des moyens pour nous organiser. En syndicats, en coopératives. Nos Etats, les organisations internationales doivent non seulement nous en donner le droit mais même nous y encourager et nous y aider. C’est le moins qu’on puisse faire pour un métier vital, fondamental pour l’humanité.

-Autre condition, des politiques d’installation fortes. La formation, l’accompagnement, la promotion du métier d’agriculteur sont des leviers naturels. Mais les politiques publiques doivent aller plus loin. On ne peut qu’être frappé, au regard de la considérable diversité de nos agricultures, des contextes si différents dans lesquels nous évoluons les uns et les autres, on ne peut qu’être frappé de voir que les jeunes agriculteurs rencontrent tous les mêmes limites : accès au crédit, accès aux terres pour produire. Permettez-moi d’insister sur le foncier. Un Etat responsable, ce n’est pas un Etat qui prend à son compte la gestion de toutes ses terres agricoles. Ce n’est pas un Etat qui les vend ou les met à disposition à des investisseurs privés qui n’y recherchent qu’une rentabilité à court terme. Un Etat responsable vis-à-vis de son foncier agricole, c’est celui qui en facilite la préservation et l’accès aux agriculteurs, qui sont les mieux à même de le gérer, de le valoriser, de le faire vivre. Il faut faire confiance aux nouvelles générations d’agriculteurs pour relever ce défi !

-A une échelle plus large, plus macroéconomique, il nous faut, c’est la troisième condition,  des politiques publiques fortes nationales et internationales en faveur de l’agriculture, comme des politiques de régulation des marchés de matières premières agricole ou comme des politiques de développement des territoires ruraux. Je sais que vous y êtes sensible monsieur le ministre. Notre activité de production, qui crée de la valeur ajoutée, qui nourrit les populations, est soumise à des aléas, à des rythmes qui méritent qu’on ne la considère pas comme une production de biens comme les autres. C’est à mon sens toute la responsabilité des pays de l’ONU, de la FAO, du CSA (ça tombe bien il y en a un dans un mois) et aussi bien sûr des pays du G20.

Ce sont bien ces propositions-là que nous portons, nous jeunes agriculteurs, dans le cadre du manifeste que nous allons ratifier dans un instant. J’aimerais insister sur un point : le travail que nous avons su initier, tous ensemble, autour de ce thème de l’agriculture familiale et plus particulièrement sur l’enjeu de la jeunesse, ce travail-là, il ne faut pas qu’il s’arrête ce soir. Bien au contraire il faut que nous continuions à cultiver cette dynamique que nous avons su créer, il faut que nous continuions à avoir une réelle visibilité mondiale.

Les propositions concrètes que nous avons su faire, il faut qu’elles soient entendues dans nos différentes instances nationales et internationales, et je me tourne en ce qui me concerne plus particulièrement vers nos élus et vers vous monsieur le ministre, pour que vous soyez aussi le vecteur des propositions des jeunes agriculteurs, en France bien sûr, mais aussi partout où la France siège. Avant de vous céder la parole, monsieur le ministre, je souhaiterai conclure en disant que défendre l’agriculture familiale, c’est défendre les hommes et les femmes qui la composent, c’est militer pour un développement harmonieux de nos territoires, c’est vouloir une agriculture performante, dynamique, tout simplement une agriculture d’avenir.

Faire de l’agriculture familiale une solution d’avenir

Dans le cadre de l’Année Internationale de l’Agriculture Familiale (AIAIF) « Jeunes Agriculteurs » (JA) et Agriculteurs français et développement international (Afdi) organisent le 4 septembre 2014, à Bordeaux, le Sommet International des Jeunes Agriculteurs. Ce sommet constitue un évènement majeur pour la profession agricole internationale puisqu’il s’agit du premier sommet de jeunes agriculteurs organisé depuis plus d’une décennie.

Il sera l’aboutissement d’un processus de réflexion participatif impliquant une soixantaine de représentants d’organisations nationales de jeunes agriculteurs des cinq continents, organisé autour de la rédaction d’un manifeste international soulignant, notamment, l’importance :

  • D’une reconnaissance du métier d’agriculteur au sein de l’Organisation internationale du travail (OIT). Il est temps que cette profession qui est le premier pourvoyeur d’emploi au niveau international soit reconnue comme une catégorie socio-professionnelle à part entière.
  • D’un mécanisme de représentation des agriculteurs au sein du Comité sécuritaire alimentaire (CSA) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Il est déterminant que cette instance de concertation des politiques agricoles nationales et internationales laisse une place légitime aux principaux acteurs de la production alimentaire mondiale.
  • De la réactivation des ministérielles agricoles au sein du G20. Nous proposons également proposer l’organisation d’un groupe de réflexion de la profession agricole, le F20, capable de porter une force de proposition sur les enjeux qui seront traités par les ministres de l’agriculture.

Parce que les agricultures familiales sont avant tout constituées de femmes et d’hommes, engagés sur des territoires, nous souhaitons voir se développer sur tous les continents des orientations agricoles nationales aux services des agricultrices et agriculteurs familiaux.  Ainsi nous interpellons tous les gouvernements pour qu’ils s’engagent à développer des politiques publiques ambitieuses mobilisant les ressources nécessaires et développant les programmes adaptés, pour permettre aux agricultures familiales d’assumer durablement leurs responsabilités territoriales. Le manifeste a l’ambition de décliner des mesures concrètes pour :

  • Favoriser l’installation des jeunes sur des exploitations de types familiales.
  • Garantir l’accès aux moyens de production des jeunes agriculteurs.
  • La reconnaissance et la valorisation des externalités positives, tant sociales et environnementales, de l’agriculture familiale.

Nous saisissons, ainsi, l’opportunité de rayonnement permise par l’AIAF, pour réclamer, via le manifeste, la création de conditions favorables au développement des exploitations familiales partout dans le monde.

Un Sommet international des jeunes agriculteurs ambitieux !

Dans le cadre du projet « l’Agriculture familiale : des agricultures d’avenir », porté tout au long de l’année 2014 par Jeunes Agriculteurs (JA) et Agriculteurs français et développement international (Afdi), un Sommet international des jeunes agriculteurs sera organisé le 4 septembre prochain. Il constitue un événement majeur pour la profession agricole internationale, puisqu’il s’agit du premier sommet de jeunes agriculteurs organisé depuis plus d’une décennie.

Le sommet international sera l’aboutissement d’un processus de consultation mené par JA, durant plusieurs mois, autour de l’écriture d’un manifeste défendant une orientation des politiques internationales en faveur d’une modernisation et d’une réponse aux enjeux agricoles et alimentaires basées sur l’agriculture familiale. JA a consulté une soixantaine d’organisations nationales et continentales représentant les jeunes agriculteurs sur la base d’un projet de manifeste, avant que le texte soit officiellement adopté le 4 septembre à Bordeaux.

Le sommet international de Bordeaux constituera un événement majeur de l’AIAF en France, puisqu’il permettra aux jeunes agriculteurs familiaux de porter leurs propositions d’avenir. La participation de décideurs politiques internationaux, européens et français en fera un moment de décision avec une portée médiatique nationale et internationale.

L’organisation du sommet internationale des Jeunes agriculteurs aura de nombreux impacts positifs pour l’image de la France. On peut en particulier citer :

  • La place centrale occupée par une organisation agricole française, Jeunes Agriculteurs, dans un processus de consultation international, ouvert et qui implique en particulier les pays émergents et en développement. Cette dynamique valorise le rôle leader de l’agriculture française dans des réflexions à portée prospectives et internationales.
  • L’accueil prévu d’une soixantaine de jeunes leaders paysans sur le territoire français durant les Terres de Jim, un événement de 1er ordre en matière de valorisation des atouts de la profession agricole française.
  • La volonté de JA d’être porteur du manifeste au-delà du sommet international et de le valoriser dans des instances internationales telles que le Comité sécurité alimentaire de la FAO, en octobre 2014.
  • Le sommet international lancera une concertation et un dialogue des jeunes agriculteurs à l’échelle internationale. Ce dialogue, dynamisé sous l’angle de l’agriculture familiale, améliorera la visibilité des propositions des jeunes agriculteurs sur les questions agricoles, alimentaires et liées au développement international.

[Vidéo] Les artistes africains chantent pour soutenir l’agriculture familiale

Cocoa na Chocolate (Official Music Video)

19 recording artists. 11 countries. 10 languages. ONE message to African Leaders: Do Agric, It Pays!

The participating artists are: A.Y. (Tanzania), Bufallo Souljah (Zimbabwe), Dama Do Bling (Mozambique), D’Banj (Nigeria), Diamond (Tanzania), Dontom (Nigeria), Fally Ipupa (DRC), Femi Kuti (Nigeria), Judith Sephuma (South Africa), Juliani (Kenya), Kunle Ayo (Nigeria), Vusi Nova (South Africa), Liz Ogumbo (Kenya), Nancy G (Swaziland), Omawumi (Nigeria), Rachid Taha (Algeria), Tiken Jah Fakoly (Cote d’Ivoire), Victoria Kimani (Kenya) and Wax Dey (Cameroon).

© 2014 ONE.org/DKM Media

Executive Producers: Sipho S. Moyo and Jeff Davidoff for ONE.org
Producers: DeeVee for DB Records and Cobhams Asuquo for CAMP
Arranged by FIOKEE
Vocal arrangement by Cobhams Asuquo
Written by participating artists. Chorus written by Dapo Daniel Oyebanjo/Traditional

Rencontres Internationales «Agricultures Familiales et Recherche», Montpellier du 1er au 3 juin dernier

Dans le cadre de l’Année Internationale de l’Agriculture Familiale (AIAF), décrétée par les Nations Unies pour 2014, les organismes de recherche du pôle Agropolis International ont pris l’initiative d’organiser des Rencontres Internationales sur le thème « Agricultures familiales et recherche ».

Cette initiative a permis de réunir plus de 200 participants de 70 pays, pour partager les points de vues des leaders paysans, de la société civile, des politiques, du secteur privée et des chercheurs et enseignant du monde agricole et rural.

Le lien ci-dessous permet de visionner et de revivre les différentes présentations et interventions qui cherchaient à questionner et enrichir les agendas de recherches concernant les agricultures familiales et leurs défis au changement à l’œuvre.

http://www.agropolis.fr/actualites/2014-retour-rencontres-internationales-agricultures-familiales-recherche.php

48e congrès des Jeunes Agriculteurs : les Hommes passent les Valeurs restent

Le congrès national des Jeunes Agriculteurs, qui réunissait 600 jeunes, s’est déroulé à Saint-Brieuc du 3 au 5 juin 2014, était électif. Le conseil d’administration du syndicat jeune est renouvelé aux trois-quarts. Le renouvellement des générations de responsable en agriculture est en marche.

Lors de ce 48e congrès de JA, le bas-rhinois Thomas Diemer a succédé à la présidence de Jeunes Agriculteurs au savoyard François Thabuis. L’occasion de passer le relais et de réaffirmer le programme d’action engagé par JA dans le cadre de l’Année International de l’Agriculture Familiale (AIAF).

Pour Stéphane Le Foll, Ministre de l’agriculture, l’engagement dans la campagne de l’AIAF est «un choix qui porte tout son sens aujourd’hui au 21ème siècle, parce que les agriculteurs familiaux ont cette capacités à s’adapter, à innover et à valoriser des terres et des territoires »
Les enjeux et les défis agricoles et alimentaires dépassent largement les frontières, comme le rappelait le François Thabuis. Selon lui l’AIAF doit se traduire en « année internationale des agriculteurs familiaux ».

Dans la volonté de poursuivre cette idée, Thomas Diemer précise « nous, jeunes agriculteurs, revendiquons un rôle à jouer pour l’agriculture […] nous savons quelle agriculture nous défendons. C’est celle des Hommes, comme en témoigne notre rapport d’orientation adopté hier soir (Une seule agriculture : celle des Hommes, NDLR), agriculteurs et agricultrices actifs, professionnels… et reconnus. Cette reconnaissance est une condition selon nous à des politiques agricoles efficaces. »
Le polyculteur-éleveur bas-rhinois en a profité pour rappeler les fondamentaux de JA, qu’il entend porter avec son équipe : « engagement pour le renouvellement des générations en agriculture, pour nos filières, pour nos territoires et pour la promotion de notre métier ».

Ces fondamentaux, communs aux jeunes agriculteurs de tous les continents, font l’objet d’un travail de réflexion international, qui sera consacré lors du Sommet International des Jeunes Agriculteurs (SIJA), le 4 septembre à Bordeaux, par la signature d’un manifeste international.

Aujourd’hui, JA a consulté une soixantaine de représentants de jeunes agriculteurs de tous les horizons, sur la base d’un projet de manifeste, afin d’élaborer, de valoriser et de diffuser les orientations politiques nationales et internationales défendues par les jeunes agriculteurs de tous les continents !

Les Agricultures Familiales, Des Agricultures d’Avenir ! from Jeunes Agriculteurs on Vimeo.