Le Sénégal souhaite installer ses jeunes

Agricultrice engagée, Karen Chaleix a rencontré des jeunes agriculteurs sénégalais lors d’une mission sur place dans le cadre de l’Année internationale de l’agriculture familiale.

 

Installée depuis 2008 en EARL, Karen est éleveuse de bovins-viande en Haute-Vienne : « J’ai un cheptel de 80 vaches limousines que je nourris avec les céréales que je produis. » L’agricultrice a gravi les échelons de JA petit à petit : « En 2008, je me suis engagée d’abord dans mon canton, ensuite dans le département, pour désormais faire partie de l’équipe nationale. Depuis juin 2014, je suis coadministratrice des dossiers Installation et Communication. » Point d’orgue de l’AIAF en France, le Sommet international des jeunes agriculteurs est une réussite : « La signature d’un manifeste par des organisations de jeunes venant des cinq continents est l’aboutissement d’une consultation que nous avons menée conjointement avec eux tout au long de l’année. Le but final est de promouvoir l’agriculture familiale auprès des organisations internationales. » Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), principale organisation d’agriculteurs sénégalais a échangé avec JA lors du sommet : « Au contraire de JA, les jeunes agriculteurs sénégalais n’ont pas leur syndicat. Ils adhérent au CNCR. Les jeunes veulent élaborer une politique d’aide à l’installation. L’expérience et les échanges avec JA et AFDI peuvent leur être utiles. »

 

« Rester ici, travailler ici, réussir ici »

Dans cette optique d’échange, Karen, s’est rendue au Sénégal : « Le CNCR m’a invitée à des ateliers de réflexions du 6 au 12 octobre 2014. J’ai eu la chance d’être immergée dans leur quotidien, et de réfléchir avec eux aux solutions pour faire évoluer leur cause auprès des politiques sur place. »

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L’agriculture sénégalaise est encore paysanne et peu de jeunes s’installent : « Leurs problématiques s’apparentent à celles que nous avions il y a 50 ans. Ils se battent pour préserver la ruralité et faciliter l’accès aux crédits pour les agriculteurs… Des problèmes que nous avons également. C’était très enrichissant de partager nos expériences et d’échanger sur le métier d’agriculteur. » Les jeunes agriculteurs sénégalais aspirent à devenir incontournables : « Le collège des jeunes du CNCR souhaite devenir au Sénégal le principal interlocuteur en matière d’installation comme JA en France. » L’agricultrice souhaite continuer à s’investir au Sénégal : « Après les avoir rencontrés et vu la réalité du terrain, je ne peux qu’avoir envie de m’investir. Les jeunes agriculteurs sénégalais ont soif d’apprendre et souhaitent se former. Leur slogan  »Rester ici, travailler ici, réussir ici » démontre que l’agriculture sénégalaise a un avenir : ses jeunes. » JA et AFDI souhaitent que le dialogue, initié lors du sommet perdure. Nous étions invités au mois de novembre à Brasilia par le Contag, une organisation brésilienne, au Forum international de l’agriculture familiale à Medellín en Colombie et par le Roppa pour une conférence internationale à Lomé (Togo). L’objectif est de continuer à échanger avec les organisations du monde entier comme la FAO, le Cirad et le Fida. »

 

Le CNCR :

Créé le 17 mars 1993, par tous les acteurs du développement national sénégalais, il regroupe 26 fédérations ou unions paysannes représentant des millions de personnes. Le CNCR a pour finalité de contribuer au développement d’une agriculture paysanne qui assure une promotion socio-économique durable des exploitations familiales.

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