Rencontres Internationales de Brasilia 14 et 15 novembre 2014

Les organisations paysannes, ONG, organisations de coopérations et centres de recherches des cinq continents se sont réunis le 14 et 15 novembre 2014, à Brasilia, pour évaluer les résultats de l’AIAF et fixer les thèmes de travail prioritaires à compter de l’année 2015. Cette rencontre internationale a aboutie à l’adoption d’une déclaration finale par les différents participants. JA et Afdi étaient invités pour présenter les résultats du Sommet international des jeunes agriculteurs et exposer les revendications du manifeste international des jeunes agriculteurs.

La mobilisation de 49 comités nationaux tout au long de l’année, regroupant à travers le monde plus de 650 organisations paysannes, ONG, instituts de recherche, institutions gouvernementales et organisations internationales, illustre toute  l’importance de l’agriculture familiale. « L’implication des organisations paysannes a été essentielle pour permettre de mieux connaitre les agricultures familiales et de mieux comprendre et identifier leurs préoccupations » précise José Osaba, coordinateur du Forum Rural Mondial.

De son côté, Vincent Touzot, administrateur national de Jeunes Agriculteurs et vice-président d’Afdi, rappelait à Brasilia « que les jeunes leaders paysans des cinq continents ont la volonté de poursuivre le dialogue international entre organisations paysannes au delà de 2014 et cherchent à renforcer la dynamique du Sommet de Bordeaux ». Sur la base du manifeste international des jeunes agriculteurs «  nous devons approfondir notre travail de  plaidoyer, en construisant  les fondations d’un réseau international des jeunes agriculteurs capable de défendre le développement des agricultures familiales et le rôle des jeune agriculteurs».

Le manifeste de Brasilia adopté par les différents acteurs de la société civile de l’AIAF, accorde une place centrale à la jeunesse agricole dans le développement des agricultures familiales et la dynamique des territoires ruraux. « L’adoption de politiques publiques différenciées promouvant l’incorporation, l’intégration, la reconnaissance sociale, juridique et économique des jeunes dans le secteur agricole, comme indiqué dans le manifeste de Bordeaux » constitue l’un des 6 axes de travail prioritaires du manifeste de Brasilia pour les années à venir. En valorisant l’importance de l’engagement des jeunes leaders paysans, la société civile internationale renforce le travail de plaidoyer entrepris par la délégation internationale de jeunes agriculteurs présente à Bordeaux.

Ces rencontres internationales ont été, pars ailleurs, l’occasion pour JA d’entamer des discussions avec la CONTAG, premier syndicat agricole brésilien, sur les suites du Sommet international des jeunes agriculteurs. Ces échanges laissent espérer l’organisation d’une deuxième rencontre internationale de jeunes leaders paysans courant 2015.

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Le Sénégal souhaite installer ses jeunes

Agricultrice engagée, Karen Chaleix a rencontré des jeunes agriculteurs sénégalais lors d’une mission sur place dans le cadre de l’Année internationale de l’agriculture familiale.

 

Installée depuis 2008 en EARL, Karen est éleveuse de bovins-viande en Haute-Vienne : « J’ai un cheptel de 80 vaches limousines que je nourris avec les céréales que je produis. » L’agricultrice a gravi les échelons de JA petit à petit : « En 2008, je me suis engagée d’abord dans mon canton, ensuite dans le département, pour désormais faire partie de l’équipe nationale. Depuis juin 2014, je suis coadministratrice des dossiers Installation et Communication. » Point d’orgue de l’AIAF en France, le Sommet international des jeunes agriculteurs est une réussite : « La signature d’un manifeste par des organisations de jeunes venant des cinq continents est l’aboutissement d’une consultation que nous avons menée conjointement avec eux tout au long de l’année. Le but final est de promouvoir l’agriculture familiale auprès des organisations internationales. » Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), principale organisation d’agriculteurs sénégalais a échangé avec JA lors du sommet : « Au contraire de JA, les jeunes agriculteurs sénégalais n’ont pas leur syndicat. Ils adhérent au CNCR. Les jeunes veulent élaborer une politique d’aide à l’installation. L’expérience et les échanges avec JA et AFDI peuvent leur être utiles. »

 

« Rester ici, travailler ici, réussir ici »

Dans cette optique d’échange, Karen, s’est rendue au Sénégal : « Le CNCR m’a invitée à des ateliers de réflexions du 6 au 12 octobre 2014. J’ai eu la chance d’être immergée dans leur quotidien, et de réfléchir avec eux aux solutions pour faire évoluer leur cause auprès des politiques sur place. »

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L’agriculture sénégalaise est encore paysanne et peu de jeunes s’installent : « Leurs problématiques s’apparentent à celles que nous avions il y a 50 ans. Ils se battent pour préserver la ruralité et faciliter l’accès aux crédits pour les agriculteurs… Des problèmes que nous avons également. C’était très enrichissant de partager nos expériences et d’échanger sur le métier d’agriculteur. » Les jeunes agriculteurs sénégalais aspirent à devenir incontournables : « Le collège des jeunes du CNCR souhaite devenir au Sénégal le principal interlocuteur en matière d’installation comme JA en France. » L’agricultrice souhaite continuer à s’investir au Sénégal : « Après les avoir rencontrés et vu la réalité du terrain, je ne peux qu’avoir envie de m’investir. Les jeunes agriculteurs sénégalais ont soif d’apprendre et souhaitent se former. Leur slogan  »Rester ici, travailler ici, réussir ici » démontre que l’agriculture sénégalaise a un avenir : ses jeunes. » JA et AFDI souhaitent que le dialogue, initié lors du sommet perdure. Nous étions invités au mois de novembre à Brasilia par le Contag, une organisation brésilienne, au Forum international de l’agriculture familiale à Medellín en Colombie et par le Roppa pour une conférence internationale à Lomé (Togo). L’objectif est de continuer à échanger avec les organisations du monde entier comme la FAO, le Cirad et le Fida. »

 

Le CNCR :

Créé le 17 mars 1993, par tous les acteurs du développement national sénégalais, il regroupe 26 fédérations ou unions paysannes représentant des millions de personnes. Le CNCR a pour finalité de contribuer au développement d’une agriculture paysanne qui assure une promotion socio-économique durable des exploitations familiales.